La Bienveillance- Un conte inspiré de One peace. Des idées pour la suite?

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posée par AlexRiv Crapaud dingue (88 points) 09-Juillet-2018 dans cercle-collaboratif
L'étranger s'arrêta face à la mine déçue de Youman.

« Ne vous inquiétez pas, vous allez vite comprendre. Ce qui s'est passé c'est que, depuis cette époque, la tradition a gardé les mots et on a perdu les choses. En Langue Perdue, les trésors n'étaient pas ces choses physiques qui se tiennent, se volent, se perdent et se gagnent. Les Anciens n'avaient que faire du métal brillant, ils cherchaient les vrais trésors, ceux qui, une fois acquis, ne peuvent ni se dérober, ni se briser. Ces trésors là rendent plus riches et plus heureux qu'un Seigneur pirate lourd de ses poches pleines d'or. Ils rendent plus fort et plus capable que n'importe quel fruit...

- Mais qu'est-ce que c'était !? L'interrompit Youman le suspense transpirant à travers ses yeux et ses lèvres

-On pourrait appeler ça en langage d'aujourd'hui des expériences, des inédits, des extra-ordinaires, une expression du Siècle perdu dit « les premières fois qui appellent les prochaines ». Ces expériences apportaient aux corps des hommes des compétences, des capacités et à leurs cœurs de la fierté et de la joie. Ce sont des mots oubliés aujourd'hui, j'ignore si vous les avez déjà entendu. »

Effectivement, Youman n'avait jamais entendu de tels mots mais dans ses yeux brillait la même lueur que dans celle de l'étranger et une étrange sensation de chaleur irradiait maintenant sa poitrine.

L'étranger repris :

« Et, ce qui est le plus incroyable, c'est que plus ces hommes acquéraient des compétences et de la joie grâce aux expériences, plus celles-ci s'accumulaient et grossissaient. Vous imaginez ? Plus besoin de poches, plus besoin de ces lourds coffres que, je suis sûr, on vous as déjà fait porter, plus de vols, plus de meurtres ! Les trésors se lovaient dans chaque cellule, dans chaque moment, dans chaque geste des hommes et rien ni personne ne pouvait leur reprendre ! Évidemment, les équipages étaient du coup bien différents ! La légende qui m'a été conté parlait d'un navire, oh ce navire je l'imagine dans mon cœur quand la tristesse me prend !... »

L'étranger semblait avoir oublié son interlocuteur et il fut un peu surpris quand Youman, au bords de la crise, lui demanda en lui saisissant le poignée :

« Comment s’appelait-t-il !?

-Il s'appelait la Bienveillance. De tous c'était celui dont les pirates étaient les plus riches, les plus heureux. Ils ne semblaient former qu'un avec le navire tellement leurs gestes étaient précis et coordonnés. Il régnait sur ce navire autant de calme que sur une mer sans vent, sauf quand ils faisaient la fête ! Et de ce calme naissait pourtant une incroyable efficacité. C'était le navire le plus rapide que l'on ait jamais vu ! Il était capable de faire deux ou trois aventures quand les autres n'en faisait qu'une.

-Comment cela est-il possible ?, demanda Youman interrogateur.

-Ils regardaient dans la même direction et ils formaient comme une sorte de chaîne dont chaque maillon était aussi solide que l'ensemble car chacun se soutenait mutuellement. Il n'y avait ni fort, ni faible, seulement des hommes très forts acceptant de pouvoir être faible de temps en temps. Alors un autre venait les aider et les deux en sortaient plus fort... »

Youman avait beaucoup de mal à tout comprendre et à imaginer ce dont lui parlait son ami. Il ressenti une vive jalousie à vivre à son époque et dit avec mauvaise humeur :

« Ce n'est qu'une légende ! Et puis, je suis sûr que tout n'était pas si rose ! Je connais les pirates, je connais les hommes, il y en a toujours un qui voudra plus ou même...Tiens une fois sur un de mes navires, j'étais tranquillement assis sur le pont et v'la qu'un autre passe devant moi, pied nu qu'il était et voilà qu'il se met à hurler de douleur. L'imbécile s'était fiché une épine dans le pied ! Quand je lui ai demandé comment ça allait voilà qu'il m'a insulté comme pas deux ! Comment ils faisaient sur la Bienveillance ? Ils étaient obligés de porter des chaussures ou le pont était miraculeusement lisse comme une peau de bébé !? »

L'ami sourit devant l'image et répondit calmement :

« Pour les épines je ne sais pas. Mais une chose est sûr, il arrivait que des pirates, perdant l'équilibre à cause du tangage ou du mal de mer tombaient à l'eau et... »

« et ils le laissaient crever !, continua Youman en l'interrompant, tu parles on a pas le temps faut bien avancer !

-Non ils envoyaient une bouée ! Et ils encourageaient leur camarade à revenir sur la bienveillance mais c'était à lui de revenir, en nageant, personne ne pouvait venir le chercher il fallait qu'il fasse l'effort. Tu sais ca peut arriver à n'importe qui d'être déstabilisé par l'océan de la vie et c'est pas facile de tenir sur ses pieds quand ça nous arrive. Pas facile non plus d'écouter les autres quand on se noie à moitié, la bouche pleine d'eau de mer et qu'on voit les autres sur le navire, bien au sec. On a envie de leur dire « j'voudrais bien vous y voir ! Facile de dire nage!nage ! ». Mais tous réussissaient à revenir. Ils discutaient alors pour comprendre pourquoi il était tombé. Au besoin on améliorait le bateau, sinon ils s’entraînaient pour que leur corps et leur cœur puisse tenir le coup la prochaine fois et ça marchait ! Chacun devenait comme ça de plus en plus fort, de plus en plus riche, de plus en plus heureux, de plus en plus grands...

-Mais et le capitaine ? , demanda Youman, ça ne lui posait pas de problème que ces gars deviennent si fort et qu'en plus ils perdent du temps pour s'entraider ? A sa place je me méfierais, il y en a toujours un pour vouloir la première place !

L'étranger partit dans un léger rire et bu une gorgée de son breuvage. Il finit par répondre :

« C'est exactement ce que j'ai demandé ! Rylay m'a répondu que ce n'est pas en cherchant à être le premier qu'on obtient la force d'une centaine. Je n'ai pas bien saisie cette phrase au début mais je crois la comprendre maintenant. Le capitaine n'est ni au dessus, ni en dessous car il n'y a pas de place meilleure que les autres. Les yeux ne jalousent pas les mains de pouvoir tenir la carte, ni les mains les yeux de pouvoir la lire. Chacun a sa place, le capitaine est seulement celui qui peut lire la carte et qui apprend peu à peu aux autres pirates à le faire.

-Mais c'est un abruti ce capitaine ! Il va perdre sa place !, S'écria Youman

-Peut être mais pas son navire ! C'est une logique que nous autres avons oublié mais qu'est-ce qui compte le plus ? Qu'est-ce qu'être heureux ou fort ? Etre meilleur que le pirate à coté de soi ou meilleure que celui que l'on était hier ?

Youman fut quelque peu déstabilisé par ces dernières paroles. Il aurait voulu rétorquer...Quoi ? Que c'était de la faiblesse ? De la lâcheté ? Et pourtant il sentait ces idées bien plus solides, bien plus réelles que tout ce qu'on avait pu lui raconter. C'était un meilleur plan : être heureux à coup sûr, être riche sans jamais pouvoir être volé, faire de l'autre une richesse et non un danger...

La bouche fermé, le cœur ouvert, Youmen et son ami vibraient en silence du même rêve, de cette même époque , de cette Bienveillance qui les emmenait en rêve vers des aventures incroyables, des trésors merveilleux. Ils n'étaient plus deux pirates avachis à une table mais deux hommes fiers d'eux, pleins d'espoir, capable de milles exploits car se soutenant l'un l'autre.

Alexia Rivet Copyright

Et voila les amis des idées pour la suite de l'aventure? Pour sûr leur nouvel équipage va connaitre des embûches, des débats, des galères, lesquelles à votre avis?

1 Réponse

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répondu par christin Batracien fou (289 points) 10-Juillet-2018
Lu tes deux articles. Eh bien Alexia, on va la réaliser cette aventure. Avis aux amateurs. La société Bienveillante nous attend.

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