Le corps se défait de ses souvenirs traumatiques en 2 minutes

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posée par laurent Tétard dingue (14 points) 11-Mars dans Paradigme
Mon expérience m'a permis de poser une hypothèse : le corps cherche à se défaire de "trucs" (à définir, peut-être des souvenirs traumatiques inconscients) via un processus physiologique que l'on ressent sensoriellement (il se passe des choses dans le corps, le ventre, le coeur, la gorge, les jambes ...).

Ca se passe chez chacune et chacun. Tout le monde a ça mais il nous arrive souvent de l'interrompre, sans le vouloir, via nos habitudes personnelles, justification, respiration et autres qui nous aident au mieux dans ces situations. Alors ça revient. Mes observations m'amènent à penser que lorsque le processus arrive à son terme, ça ne revient plus, du tout.

Mon idée : apporter à toutes et à tous la connaissance de ce processus, et aider si nécessaire dans l'identification et l'arrêt des habitudes qui interrompent son déroulement.

Autrement dit, ça se passe de la même manière chez tout le monde, ça concerne (probablement) des souvenirs majoritairement inconscients qui nous freinent, altèrent nos comportements, et le processus est rapide, il dure entre quelques secondes et deux minutes. Cerise sur le gâteau, quand le processus est arrivé à son terme, le "truc" ne revient plus.

En résume, c'est un changement de paradigme : envisager une solution uniquement gérée par notre corps plutôt que notre volonté. L'efficacité de ce que j'observe m'amène à penser que c'est un levier majeur pour la libération des humanités qui sont en nous.

6 Réponses

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répondu par belette Crapaud dingue (97 points) 12-Mars
Merci Laurent d'aborder ce sujet qui me parle beaucoup et que je crois comme toi très intéressant. Je vois que tu as posté dans "Enthousiasme", je partage ton enthousiasme.

J'ai moi aussi découvert, de manière empirique, le processus dont tu parles. J'ai d'ailleurs pu guérir d'un syndrôme de stress post-traumatique (suite traumatisme de type 1) en EMDR grâce à beau processus de guérison naturel: comme tu dis nous l'avons tous, c'est une fonction biologique totalement méconnue !!!

Pour le coup j'ai creusé la littérature... Je te confirme l'exposition à l'émotion via la pleine conscience de ses sensations corporelles et de ses ressentis est confirmé aujourd'hui comme étant à la base de toutes les thérapies de régulation émotionnelles et de toutes les thérapies du traumatisme qui fonctionnent.

Car ce que tu décris déclenche un processus d'intégration mnésique, c'est-à-dire un processus de résilience naturel, rapide, efficace.

Il faut tout de même préciser de quoi on parle:

- Les personnes qui ont subi des traumatismes de type 2 ou 3 (répétés et à un âge très précoce) ne peuvent pas guérir en si peu de temps via cette méthode. Mais les thérapies adaptées à ces types de traumatismes utilisent bien le principe que tu cites.

- Les personnes ayant vécu un seul évènement traumatique, à l'âge adulte, peuvent je crois s'adonner à cette pratique par eux-mêmes à mon sens et en constaterons de très bons résultats.

Pour ce qui est des émotions au quotidien (et non pas des traumatismes passés), je te rejoins pour dire qu'apprendre à "plonger dans ses ressentis et ses émotions" est un formidable outil.

Et que si on prend l'habitude de faire ça, alors on acquiert l'automatisme, on laisse alors le processus émotionnel aller à son terme comme tu dis et ensuite "le truc ne revient plus".

Ce que tu décris c'est la méthode TIPI ou NERTI. Je crois que tu as raison, si on s'entrainait tous dès le plus jeune âge à faire ça, on développerait des capacités de régulation émotionnelle de dingue, on augmenterait significativement notre potentiel de résilience et même notre intuition, notre créativité, et in fine notre autonomie/individuation/pouvoir personnel.

Je ne sais pas comment transmettre cette connaissance précieuse au plus grand nombre. Mais si tu as des idées, ou un projet pour cela, je serai plus que ravie de coopérer !
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 13-Mars
Hello, oui, nous parlons bien de la même chose :). Ou presque, je ne parle pas de méthode, mais de ce qui se passe dans le corps et ce qui en résulte. L'enrobage marketing ne m'intéresse pas. D'ailleurs, il y a bien d'autres méthodes avec d'autres noms, d'autres protocoles qui utilisent cette même capacité.
Pour ma part, j'en parle, je forme, je partage. Je contacte des scientifiques, des médecins, mais pour l'instant, pas de succès. Je vais peut être monter une conférence gesticulée sur le sujet avec un copain.
commentée par belette Crapaud dingue (97 points) 13-Mars
De mon expérience, les seules personnes à qui j'en ai parlé et qui comprenaient au moins un tout petit peu ce que je racontais (moi aussi j'en parle à droite à gauche), ce sont des personnes qui connaissaient TIPI et NERTI (oui l'enrobage marketing est puant, c'est quand même une tentative de diffusion de connaissances), et quelques rares psychologues formés aux techniques sensorielles et émotionnelles.

L'éduc pop, très très bonne idée !! Le mettre en récit aussi. Bon vent pour cette aventure qui promet d'être riche et de créer beaucoup de valeur (immatérielle, humaine, j'entends)
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 13-Mars
Je comprends l'utilisation du "nom marketing", mais je la refuse par ça biaise l'information. Quand je donne un nom de méthode ou technique, j'entends régulièrement "ah moi je préfère X ou Y" ou "je n'y crois pas".
Alors que quand je parle de ce que fait le corps, il n'y a pas de comparaison ou de croyance, le corps fait ça, point.
C'est comme si je parlais de cicatrisation, j'imagine quelqu'un qui me réponde : "non moi je préfère enlever les croûtes et changer le pansement tous les jours". Ca me semble absurde de rentrer dans ce discours du cognitif qui a trouvé un moyen de faire plus efficace que le corps, d'autant plus quand l'efficacité observée est à un niveau d'efficacité sans précédent.

J'ai aussi l'idée d'un bouquin plutôt sur le registre drôle. Il est commencé, mais en attente l'instant. Merci pour ton allant :).
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répondu par belette Crapaud dingue (97 points) 12-Mars
Je vais donner un exemple du processus, pour les lecteurs non avertis (exemple fictif):

J'ai un boulot prenant, peu de temps, et des enfants qui déchargent pas mal en revenant de l'école le soir. Il suffit qu'un de mes enfants me sollicite au mauvais moment, ou embête son frère ou sa soeur, et je peux partir dans des colères noires, éventuellement avec des cris, des envies de frapper etc...

Dans cette situation les stress se cumulent et une goutte d'eau peu faire déborder le vase. Le corps et le visage se tendent, une rage monte (colère+impuissance), et bam ça sort. Et en plus on a une tension qui reste après coup, même après avoir crié voire frappé.

Ca sort parce qu'on bloque le processus corporel. Ce qu'il faudrait faire pour aller au bout du processus corporel et émotionnel (et donc pour faire retomber la rage sans perdre ses moyens):

Faire "pause", se retirer dans un endroit au calme, fermer les yeux, plonger volontairement dans la rage qui est là, ressentir ce qui se passe dans chaque infime partie du corps, se laisser envahir par les sensations, même si elles sont désagréables, ne rien bloquer, laisser faire en se relachant complètement. 2 minutes plus tard la rage a définitivement disparu.
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répondu par Rubujeto Crapaud déjanté (153 points) 12-Mars

Bonjour laurent,

Je vais répondre avec une approche "biologique". En te lisant, je constate que tu fais un lien entre le système nerveux, en particulier la mémoire, et les différents appareils sensitifs du corps humain :

  1.  "Le corps cherche à se défaire de trucs [...] via un processus physiologique que l'on ressent [...]"
  2.  "Mais il arrive souvent de l'interrompre [...] Alors ça revient."
  3.  "Ça concerne des souvenirs majoritairement inconscients qui nous freinent, altèrent nos comportements"
  4.  "Quand le processus est arrivé à son terme, le truc ne revient plus"


Lorsque tu parles "d'interruption" au point 2, le chirurgien et chercheur Henri Laborit nomme ce processus l'inihibition de l'action : c'est le fait d'interrompre une action, parce qu'un souvenir "désagréable" nous rappelle qu'elle a déjà été faite par le passé et que son résultat a aboutit à un résultat "négatif" (ex: une douleur).

Avec le temps, si la personne s'inhibe, cela va entraîner des maladies "psychosomatiques". En effet, le cerveau va d'abord ordonner la sécrétion d'hormones (la cortisol et l'adrénaline par exemple) qui vont être envoyées dans le sang en vue de cibler différents organes (ex: le coeur): tu vas "stresser" et cela peut-être approprié face à certaines situations, en vue de les aborder efficacement  (ex: à l'approche d'un examen scolaire). Mais que ce passe t-il si tu ne parviens pas à évacuer cette tension ? Les problèmes de santé vont commencer : l'accumulation des signaux hormonaux vont s'accumuler, tes organes seront sollicitées (augmentation du rythme cardiaque, pulmonaire). Pratiquer une activité physique ou artistique est un moyen "d'évacuer" le stress.

Il arrive cependant qu'une personne se retrouve dans une impasse, où toute action est inutile : elle ne peut NI fuire, NI lutter. Je dis bien lutter, car le fait d'agir à travers la lutte permet d'évacuer cette tension d'après l'expérience d'Henri Laborit.

Où je veux en venir ? D'après mon expérience, ces impasses, ces souvenirs traumatiques doivent être pris par un professionel qui permettera d'entamer une "thérapie cognitive comportementale". Sans effacer le souvenir de l'épisode traumatique, on peut finalement vivre avec : c'est la résilience dont parle "belette" plus haut. Le neurologue Yehezkel Ben-Ari y consacre un paragraphe (p.169) dans son livre "Les 1000 premiers jours" et la décrit ainsi :

"Il s'agit d'une méthode de rappel de l'événement traumatique : le patient est incité à se remémorer encore et encore l'épisode à l'origine du SPT afin d'être en mesure de le 'digérer'. Le but est de ramener à son état d'événement exceptionnel et isolé. Le sujet peut alors plus facilement faire le tri dans ses pensées nocives et ses craintes : ils redevient capable d'identifier ce qui relève du danger réel ou fantasmé."

Than Nghiem a écrit un chapitre dans le "Manifest des crapauds fous", intitué "Pour une écologie de l'esprit". Elle écrit (p.145) :

"C'est parce que l'on est s'est sorti d'une souffrance et de son tunnel que l'on peut partager, aider ceux qui sont encore en chemin."

Je constate que c'est ce que tu fais.

commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 13-Mars
Hello, merci pour ta réponse. Il me semble que je comprends ce dont tu parles, mais je suis sur un autre paradigme. C'est à vrai dire difficile à expliquer car c'est quelque chose qu'on ne sait pas expliquer aujourd'hui. J'ai fait quelques observations sous eeg, on voit des particularités, mais étant incompétent sur le sujet, je cherche un support de personnes qualifiées.
Expliquer ce dont je parle, c'est comme si je devais expliquer comment faire du vélo...
Si je devais faire un comparatif, je le ferais avec la cicatrisation. Le corps le fait tout seul, si on le laisse faire.
Et je partage tes remarques sur la somatisation, c'est effectivement ce que j'observe.
Laurent.
commentée par belette Crapaud dingue (97 points) 13-Avril
@Rubujeto j'adhère à l'argumentaire qui décrit les mécanismes, mais pas à la conclusion où tu dis que forcément on doit voir un pro, en TCC de surcroit. Ca c'est conforme au discours consensuel actuel.

Déjà parce que côté type de thérapie, il y a aujourd'hui bien plus efficace que la TCC pour tout ce qui est d'ordre traumatique, même si tout n'a pas encore été prouvé par le protocole officiel de la recherche scientifique, à l'exception de l'EMDR (de toutes façons ces recherches ne se font pas, car elles n'ont pas de crédits globalement, donc on peut encore attendre longtemps...).

Un aperçu de ces thérapies (payantes, certes, mais très très prometteuses pour toutes les personnes qui souhaitent être accompagnées):
https://www.mon-coaching-peppsy.com/mag/therapies-trauma

Mais surtout parce que je suis d'accord avec Laurent, on peut le faire tout seul, et ça c'est politiquement très incorrect. C'est ça le changement de paradigme. D'admettre l'idée même qu'on puisse être autonome. Moi j'ai eu un PTSD, je n'avais évidemment pas ces lunettes "je peux faire tout seul" (personne ne les a). Je suis allée voir plein de monde qui n'ont servi à rien, jusqu'à ce que je trouve une psychologue EMDR/Hypnose, elle m'a guéri en 3 séances (je dis bien guéri, je n'ai plus aucune séquelle ni trace, et je vais même mieux qu'avant). Mais c'était un trauma à l'âge adulte, et un trauma simple (1 évènement). Le PTSD était très sérieux, très grave, j'étais en mode psychose/hallu etc..., mais dans ce cadre là (trauma simple à l'âge adulte) il a été très rapide a guérir. Pour les traumatismes précoces (lointains dans le temps) et/ou multiples et/ou complexes, c'est plus long mais faisable tout seul, j'en suis moi aussi convaincue.

Cessons de parler thérapies, car c'est à l'inverse du propos de Laurent :) Et pour aller dans son sens:
Si le monde entier a enfin accès à ces connaissances, alors le PTSD serait éradiqué, ainsi que tant d'autres maladies psychiatriques très graves d'ailleurs, dont l'origine est essentiellement traumatique, non cicatrisées à temps. Parce que ces troubles n'auraient pas l'occasion de se développer !! Parce que naturellement par les pratiques naturelles et accessibles à tous que Laurent décrit, la cicatrisation se fait toute seule: la "plaie" ne s'infecte jamais.

Et ces connaissances seraient enseignées aux générations suivantes par toutes les personnes qui côtoient les enfants. Je rêve de ça moi aussi. Et surtout, j'enseigne bien évidemment ces pratiques de cicatrisation directe à mes enfants !
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 14-Avril
ouiiiiiiiiiiii
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répondu par Yogriyo Tétard déjanté (16 points) 04-Avril
Je pratique une méditation d'accueil basé sur ce que j'appelle une "respiration énergétique" qui me fait dire que ce que vous dites est tout à fait exact.

Le corps se défait de ses souvenirs traumatiques et après, il n'y en a plus aucune traces.

En tant qu'être humain multi-traumatisé, j'ai vécu ce phénomène de libération et je me mets en condition autant de fois que nécessaire pour que ce processus se déroule sans blocage. Parfois, ça fait très peur et ça peut paraître violent mais cela ne dure que quelques secondes, parfois une simple inspiration et tout s'évanouit. Les trauma qui arrivent ne sont jamais les mêmes, les émotions à libérer sont toujours différentes. C'est une sorte de nettoyage pièce par pièce.

Depuis quatre ans que je laisse le processus se faire, ma vie se transforme de façon spectaculaire.

Merci Laurent
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 04-Avril
Yes c'est ça. Rapide, fulgurant, d'une efficacité sans commune mesure avec les techniques, méthodes que nous devons apprendre à grand renfort de temps et de travail, voire d'argent.

La question que je me pose, c'est comment faire émerger cette idée dans le monde où nous vivons, l'espoir que se défaire de ce qui nous oppresse est finalement simple, rapide, ne nécessite pas d'entraînement, ni de thérapeute, que l'on retrouve sa liberté, son être, que
l'on retrouve son âme, celle qu'on a connue en étant enfant ...

Bref, comment passer la barrière des incrédulités, de la peur du changement, des égos qui cherchent à promouvoir telle ou telle technique qui semble effectivement fonctionner mais qui n'est qu'un enrobage à ce que le corps fait tout seul, quand on lui en laisse la possibilité.

Je n'ai pas encore trouvé. Je cherche. Je m'enrichis. D'autres le font aussi. J'espère que ça finira par émerger.

Merci pour ton témoignage.
commentée par belette Crapaud dingue (97 points) 13-Avril
En fait Laurent moi je distinguerais 2 choses:
- Oui il faudrait trouver un moyen pour que la connaissance de cette cicatrisation naturelle se répande. La première chose à faire étant d'admettre l'idée même que ce soit possible (de le faire tout seul), et c'est là qu'est le plus gros frein.
- Ensuite il faut distinguer, quand même, la "cicatrisation" en intervention précoce, qui agit très rapidement et très efficacement, et qui fait que le PTSD et autres maladies psy graves ne se développeront pas car ce ne se sera pas infecté; et les interventions très tardives, où des troubles parfois très graves se sont installées car le cerveau de l'enfant a du se construire et se conformer avec ça, et là je nuancerait un peu: oui là aussi il faut qu'on puisse admettre la possibilité d'agir seul, mais le lien est aussi un facteur de résilience/guérison très très important. Pas forcément avec un thérapeute, mais le lien avec une personne qui saura nous accompagner sans jugement, si on passe des périodes difficiles. En soutien bienveillant et inconditionnel. Ma nuance c'est donc que de ne pas diaboliser le lien non plus, car, s'il est de bonne qualité, il est un ultra catalyseur de cicatrisation, selon moi.
commentée par Yogriyo Tétard déjanté (16 points) 13-Avril
bonjour belette !
ça fait plaisir de te lire après une très longue absence sur le réseau (de ma part)
en fait, je ne crois pas qu'il soit question de clivage.

Je ne crois pas qu'il y ait un lien d'exclusion entre être entouré et en lien, et la cicatrisation naturelle des blessures de l'âme;
toute plaies physique ou non mérite au moins un bisou et/ou un pansement. paroles de maman ! ;-)
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 14-Avril
Oui @Yogrioy c'est assez juste. Mon expérience montre que quelque soit "l'ancrage", "l'ancienneté", la cause, certaines personnes s'y jettent et ça marche tout seul, d'autres sentent le besoin d'être accompagné. Je ne perçois donc aucune règle liée à l'ampleur, la difficulté ou le nombre d'années d'ancrage. Pour certaines personnes, ça fait 30 ans, ça pourrit la vie chaque jours et ça part en 45 secondes, Pour d'autres, c'est anodin, récent, et galère à amener à son terme.

C'est essentiellement lié pour moi aux stratégies qu'on a mises en place pour pallier à ces désagréments, dissociation, respiration, auto hypnose, justification ... Elle se manifestent à la limite de l'automatisme pavlovien et le premier travail est quelquefois d'aider les personnes à identifier leur stratégie pour qu'elles les conscientisent et les stoppent. C'est là où l'expérience de l'accompagnant est de valeur.

De plus, je vois quelquefois des difficultés d'un autre ordre, une peur qui empêche de plonger dans ses sensations, une peur du changement, une peur de perdre une composante de soi, colère, tristesse, qui semblent définir la personne socialement. Il peut alors être utile de faire intervenir un accompagnement psychologique pour aider la personne à découvrir son envie d'en finir avec ce qui l'oppresse.

Pour le dire autrement, le processus de digestion des blessures se fait tout seul, sauf si la personne le bloque. Un travail est quelquefois nécessaire pour aider la personne à surmonter ce blocage.
commentée par Yogriyo Tétard déjanté (16 points) 14-Avril
J'aurais pas pu mieux dire. Tu expliques ça avec une telle clarté.
J'espère que beaucoup vont lire ce post et que ça fera des émules pour l'auto-guérison accompagnée ou non l'important sera d'aller mieux comme on veut.

Tu connais des personnes qui savent faire ce type d'accompagnement ?
Tu as déjà assisté quelqu'un ?
ça m'intéresse en fait de pouvoir être "formée" sur ce point (repérer les blocages, mes stratégies qu'elles ont face à leurs difficultés).
J'ai commencé à partager mon expérience avec la respiration mais par contre, je ne serais pas un bon accompagnant par rapport aux points que tu cites. Les personnes avec qui j'ai partagé mon expérience, je les invite à trouver leur propre voie. C'est une bonne chose bien sûr, mais je crois que des connaissances me permettraient de pouvoir améliorer ma présence.
Merci en tout cas pour ce que tu partages ici.
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 14-Avril
Yes, j'ai accompagné un peu plus de 300 personnes, en mode bénévole (j'avais un autre boulot), pour engorger de l'expérience. Faire ce boulot en dehors d'un rapport financier, ça permet aussi de sortir du paradigme de la thérapie... et de rencontrer des personnes qui ne sont pas prêtes. Expérience intéressante. Pour compléter, j'ai monté un collectif avec des amis qui ont la même pratique que moi, mais professionnellement, pour partager les expériences et nous enrichir.

Te former, why not. C'est de l'observation du fonctionnement de cette capacité de cicatrisation qui forge l'expérience, plutôt que de la formation.
Tu peux voir par exemple des personnes qui changent de voix, se raidissent, parlent plus vite, se mettent à rigoler, s'agitent, vont manger un truc, se grattent, s'étirent, respirent (!). Mon expérience me dit que ces stratégies ressemblent à ça.

Et pour les identifier, c'est assez simple en fait. La personne se connecte ou se reconnecte à sa blessure, soit parce qu'on l'a provoqué, dans le cadre d'un accompagnement par exemple, soit parce qu'elle y est confrontée là maintenant (oh une araignée !), et j'observe son comportement dans les 2 minutes qui suivent. Si la personne a retrouvé du confort et que la blessure a disparu, tout va bien, sinon, je décortique avec elle, ce qu'elle fait, ce qu'elle a pensé, ce que j'ai observé. A chaque stratégie identifiée, je lui dis de l'arrêter et de se reconnecter à la blessure. Quand elle a stoppé toutes ses stratégies, là c'est fulgurant. Elle repart avec la liste sous le bras et la tâche de s'observer pour éviter que les stratégies se réinstallent.

Mais j'en reste toujours sur ma question de base qui me taraude ... Comment faire passer cette idée de simplicité. J'ai envie de dire à l'humanité, comme le fait Serge Marquis, ne me croyez pas, faites-le.
commentée par Yogriyo Tétard déjanté (16 points) 15-Avril
je pense alors que je peux t'apporter des réponses car la "formation" que je propose est justement dans l'apprentissage de choses pratiques à faire, le tout en utilisant la respiration.
Je le fait sur trois jours espacés d'un mois. durant le mois qui s'écoule les participant ont un travail à faire et durant la journée il y a des exercices pratique et un temps de réflexions "théoriques" d'environ trente minute maximum.
L'essentiel reste dans la pratique et les points théoriques que j'aborde sont très larges de manière à ouvrir une porte de réflexions personnelles.
Je ne rentre pas dans la vie personnelle des participants car justement je n'ai pas les compétences en tant qu'accompagnante mais surtout le but est de libérer son propre pouvoir de guérison et de bien-être.
Là, j'utilise des mots qui ne me conviennent pas complétement car en fait, je devrais élaborer mon propre vocabulaire pour expliquer mais ça permet d'au moins un peu me comprendre. Pendant la formation je montre des dessins, des schémas, et je partage des poèmes.

Je ne sais pas où tu habites mais si nous pouvons nous rencontrer, je serais d'accord pour faire le voyage avec toi.

La première journée se fait "en intérieur" (maison, jardin, terrasse, selon le temps
La deuxième journée se fait essentiellement en forêt
La troisième journée est un retour sur expériences et j'accompagne les participants pour une Respiration en Libération Énergétique.
Je ne rentrerai pas plus dans les détails. car quand le mental s'installe on est mal :-D
Pour l'instant, j'ai fait deux sessions qui se sont bien passées et cela m'encourage à continuer. Je ne peux pas en proposer tout le temps car fait un autre travail et je suis bien occupée dans mon quotidien. J'envisage la prochaine session pour aout-septembre-octobre mais j'aimerais en faire une pour juin-juillet-aout aussi. On verra.

Par visio, je pense que ce n'est pas une bonne configuration mais s'il n'y pas le choix alors pourquoi pas essayer. Mais pour ça, il faudra revoir complètement l'organisation.
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répondu par belette Crapaud dingue (97 points) 14-Avril
Bonsoir Laurent,

Je te mets le lien vers l'idée que j'avais posté ici même en Janvier 2019, elles sont finalement assez proches...:
Diffusion de connaissances, autonomie, guérison naturelle, analogie à la plaie et à la cicatrisation...

:)

https://id.crapaud-fou.org/1469/auto-soin-psychique-resilience-des-crapauds-fous

Le plus compliqué c'est de prendre conscience que la chose est possible, et que chacun peut essayer, sans risque aucun si ce n'est d'aller mieux, beaucoup mieux, et potentiellement assez rapidement de surcroit.

Cdt
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 14-Avril
Yes, merci. C'est indubitablement, irrémédiablement, fatalement trop long pour que j'ai eu envie de tout lire .. :)
Et ce qui m'intéresse, c'est vraiment ces 2 minutes où tout se règle. Le reste m'intéresse moins à vrai dire.

Et oui, cette prise de conscience du possible est un point majeur. La prise de conscience que c'est un problème sensoriel et non pas cognitif en est un autre. D'où ma réticence à trop parler, car ça emmène assez facilement dans le cognitif et éloigne du sensoriel.
commentée par belette Crapaud dingue (97 points) 15-Avril
Bonjour, moi non plus je n'aime pas lire des choses trop longues sur un écran, y'a un truc avec l'écran, je sais pas pourquoi, je peux pas lire des trucs trop longs. J'aurais du y penser et faire plus court, du coup.

Mais développer une pensée en 280 caractères, c'est pas mon truc non plus (car l'idée n'était pas en forme de teaser mais bien en développé, avec argumentaire, donc forcément dans un format plus long).

Est-ce que tu penses que tu aurais eu plus envie de le lire (si je laisse le côté développement/argumentaire, pour ceux qui le souhaite):
- sur support papier? (petit livre)
- s'il était présenté comme un article de blog?
- autre?

Tes réponses pourront m'aider à effectuer les modifications utiles pour mieux faire passer mon message.

Ouiiiiiii ce n'est pas du tout cognitif. D'ailleurs, ce n'est pas par hasard si en France (et globalement partout dans le monde) les neurosciences COGNITIVES ont pris la place, ou encore que la TCC est la référence des nouvelles thérapies (après la suprématie de la plus cognitive et la plus inefficace de toute: la psychanalyse) et qu'à contrario les neurosciences affectives et sociale (qui intègrent le corps, les sensations et les processus émotionnels), ou encore la psycho-neuro-immunologie qui elle aussi est très largement non cognitive, n'ont aucun labo de recherche, aucun crédit de recherche ou presque.

Pas de labo ==> Pas de crédit de recherche.
Pas crédit de recherche ==> pas de recherche.
Pas de recherche ==> pas de preuves.
Pas de preuves ==> Pas de preuves.
Connaissances tuées dans l'oeuf.

On est bien là dans un processus de fabrique de l'ignorance, que seuls l'expérience, le vécu, l'expérimentation pourront peut-être éventuellement fissurer.

Pas un hasard non plus si le seul livre qui parle d'auto-soin psychique ait du être auto-édité par l'auteur (Emmanuel Contamin: Prenons soin de nous ! Guide pratique d'auto-thérapie)

Crois-tu que je pourrais rejoindre ton collectif? Au plaisir d'échanger avec toi directement.

NB: Tu sais TIPI ça se rapproche quand même dans l'esprit, c'est présenté comme un truc simple, à faire soi-même, tout seul etc... C'est la même chose en fait, le gars qui promeut ça a juste mis un nom dessus... Bon ok par ailleurs lui vend des livres et des formations, mais il n'empêche qu'il a diffusé cette connaissance et que tout le monde peut se l'approprier facilement et gratuitement...

Il suffit... de le faire
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 15-Avril
En fait, j'aurais envie de lire ce qui va dans le sens de mes recherches :) (biais de confirmation bien connu). Ce que tu décris part dans plusieurs directions et je m'y perds. Ce n'est pas le format qui me rebute, c'est l'absence de l'évidence qui entoure tout ça : le corps règle tout seul nos difficultés, point.

A la limite, tu pourrais découper en plusieurs sujets si tu le souhaites. Ca donnerait des points d'accroche plus incisifs, et les personnes intéressées par un sujet pourront aller voir les autres que tu proposes si elles le souhaitent.

La fabrique de l'ignorance, peut-être. Je plaide pour de la bêtise, voire de la faiblesse. Nous sommes toutes et tous victimes de nos biais, et les scientifiques autant que les autres. Combien de fois j'ai apporté cette hypothèse sensorielle et j'ai entendu "si c'était si simple, ça se saurait". Entre envie de ne pas croire ou peur de voir remises en question des années de boulot, j'ignore ce qui gêne, mais c'est bien là.

Concernant le collectif, il a tourné 2 ans, et est en berne actuellement (peurs.info). Je note ta proposition si nous le remettions en route ...

Oui Tipi parle de ça. Je suis venu de là, mais le nom ou l'idée que c'est une technique gérée consciemment n'ont aucun intérêt vu que ça parle d'une capacité physiologique et non pas cognitive.  Et il y en a d'autres, nerti, eft, emdr, tremblements, focusing, je pense, as far as i know, que ces pratiques finissent aussi par utiliser la capacité physiologique pour faire disparaître les difficultés. Même la méditation et l'hypnose (dans une certaine mesure) l'utilisent. Donc j'ai effacé tout ça de ma pratique pour ne m'intéresser qu'à ce que fait le corps.

On avait l'idée d'écrire un bouquin avec un copain. On l'a commencé, mais ça n'a pas abouti pour l'instant. On a déjà fait des témoignages vidéo (voir site du collectif). On est en train d'écrire une conférence gesticulée sur le sujet. Oui, je continue à chercher comment en parler :).
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répondu par Valérie (3 points) 20-Avril
Peut-être seriez vous intéressés par ce qui est appelé "mouvement régénérateur". Il s'agit d'une " " "pratique" " " (avec beaucoup de guillemets) où on (ré)apprend à ne rien faire. Laisser être, laisser faire. Cela se base sur l'idée que notre système nerveux fonctionne en grande partie sans notre volonté et que nous pouvons faire confiance à ses processus de rééquilibrage, tant physiques que psychiques.

Concrètement, on se pose quelque part et on choisit de stopper toute action volontaire. Ne plus rien diriger : ni bloquer / réprimer, ni renforcer / ajouter quoi que ce soit à ce qui va se passer dans notre corps. Pas même sa posture, pas même sa respiration. Très particulier au départ, on se demande un peu ce qu'on fait là... jusqu'à ce que, après qq séances (variable), on commence à percevoir des mouvements spontanés de l'organisme. Parfois légers, parfois plus forts. Et c'est là qu'on a à se rappeler : ne rien empêcher - ne rien stimuler. Quand "ça" commence à bouger, on a même intérêt à ne pas se focaliser sur ce qui est en train de se passer. Mieux vaut penser à autre chose et laisser faire.

C'est ainsi que notre corps reprend son fonctionnement originel. Il retrouve sa réactivité et remet de l'ordre là où c'est nécessaire. Pas toujours agréable, d'ailleurs. Il a l'art de revenir à des zones de tensions pour les réveiller et les laisser s'exprimer pleinement. C'est sa façon de se réajuster. Elle est d'une efficacité redoutable sur la plupart de nos douleurs.

Pour m'aider à entrer dans cette "pratique" et réapprendre à ne rien faire (si ce n'est confiance), j'ai fait un stage de 4 séances en groupe avec Denis Emonet en 2013. Depuis, je poursuis ce chemin encore et encore.

Son dernier ouvrage : Retrouver l'équilibre fondamental corps-esprit.
commentée par laurent Tétard dingue (14 points) 24-Avril
Bonjour,

Je connaissais déjà cette idée. Ce qui me gêne, c'est l'enrobage, pourquoi mettre un "nom", pourquoi faire des stages, pourquoi forger un apprentissage de "ne rien faire" qui risque d'amener à une prise de contrôle de soi plutôt qu'à lâcher ses stratégies de contrôle, justement. De plus, la compréhension de la réactivation sensorielle d'un souvenir traumatique m'intéresse, pour prendre conscience qu'il y a un processus physiologique, avec un point de départ et un objectif, que ça dure quelques secondes, que c'est fulgurant, définitif. Ce qui est proposé là est plus flou, plutôt d'avoir une posture générale, et de laisser faire ce qui doit se faire. En d'autres termes, la posture m'intéresse, mais c'est surtout le "ce qui doit se faire" qui me motive :)

Ceci étant, ça peut être un outil comme un autre pour se réapproprier ses sensations. Donc c'est probablement un complément intéressant, donc merci :).

Laurent.
commentée par Valérie (3 points) 24-Avril
Le nom permet sans doute de pouvoir en parler. Le stage que j'ai fait consistait à se rendre à 4 séances en groupe d'environ une heure et demi. Juste de quoi s'asseoir quelque part et laisser faire, sans attendre quoi que ce soit de particulier. Voir ce qui se passe. Echanger aussi quelques mots à ce vaste sujet avec quelqu'un (Denis Emonet, pour ma part) et entendre les réactions d'autres personnes. Cela a été l'occasion de me rendre compte de ce qui pouvait s'amorcer. Pour moi, "ça" a clairement réagi après les deux premières séances. Je suis repartie avec la sensation que quelque chose de profond se remettait en route et ça ne m'a plus quitté depuis. Le reste de la pratique se fait en autonomie totale. Certains aiment retourner pratiquer avec d'autres. Moi pas. Peu importe.

L'apprentissage de "ne rien faire" fait sourire tout le monde. Aberrant en apparence et pourtant véridique. En fait, il ne s'agit pas en soi d'un apprentissage. Plutôt d'un rappel, une reconnexion à quelque chose de complètement naturel. Pour moi, il n'y a eu aucun enrobage. Justement, c'est tout l'inverse. Ne rien induire, ne rien empêcher.

Niveau "processus physiologiques", ceux  qui se sont enclenchés dans mon organisme au fil du temps ont été d'une grande puissance et d'une finesse ultra précise. Par contre sans objectif de ma part. Oui, ça fait flou. Parfois qqch s'enclenche pendant les séances que je m'octroie quasi quotidiennement. Parfois aussi sans que je ne m'y attende, je sens que quelque chose se passe et si ça me va (selon les circonstances), je laisse faire d'emblée. Sinon, je sais que, si "ça" doit se faire, "ça" se fera lors d'une séance, ou pendant que je dors, ou tout simplement sans que je ne m'en rende compte. Je n'ai aucun contrôle sur ce qui s'enclenche. Je ne décide pas ce qui va être travaillé, débloqué. Impossible de préciser à l'avance quel rééquilibrage (physique ou psychique) va s'opérer. Impossible aussi de savoir à l'avance si les choses se débloquent d'un coup ou petit à petit. Il y a des sensations (parfois douloureuses) qui viennent et s'en vont rapidement, laissant une impression de déblocage. Il y en a d'autres qui se prolongent dans le temps, qui vont et viennent. Comme un travail de nettoyage intérieur sur le long terme.

Pour revenir sur le nom, "Mouvement régénérateur", il faut aussi savoir que certains en font une espèce de gymnastique collective ou non, faite de mouvements reproduits. Pour ceux qui ont compris ce que je décris plus haut, il ne s'agit en rien de la démarche dont je parle ici et que je vis.

Au plaisir,
Valérie

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